Discours de l’Ambassadeur de France - centenaire de l’Armistice de la Première Guerre mondiale

Discours de l’Ambassadeur de France au Mali, M. Joël Meyer, au cours des commémorations du centenaire de l’Armistice de la Première Guerre mondiale le 11 novembre à Bamako.

Monsieur le Premier ministre, chef du Gouvernement
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Messieurs les Ministres,
Monsieur le Maire de Bamako
Autorités civiles et militaires
Distingués représentants du corps diplomatiques,
Honorables invités

C’est un immense privilège pour moi de pouvoir à Bamako, à vos côtés, Monsieur le Premier ministre, célébrer cette cérémonie de l’armistice qui a mis fin à la tragédie de la première guerre mondiale. Cette commémoration, vous le savez tous, revêt cette année une résonance particulière puisqu’elle marque non seulement le centenaire de l’armistice mais elle est aussi l’occasion de rendre hommage à l’ensemble des combattants africains enrôlés dans l’armée française et engagés dans la défense de mon pays, au prix du sacrifice de leur jeunesse et trop souvent, hélas, de leur vie. La France n’oublie pas combien elle leur est redevable. Parmi ces soldats d’Afrique, très nombreux furent ceux originaires du pays qui est aujourd’hui le Mali. Et c’est pour cette raison, que le Président Emmanuel Macron avait tenu à inviter tout particulièrement Son Excellence M. le Président de la République du Mali, M. Ibrahim Boubacar Keita, à se faire le porte-parole du continent africain pour l’inauguration à Reims, le 6 novembre dernier, du « monument aux héros de l’armée noire ». Ce monument est l’identique de celui devant lequel nous nous réunissons aujourd’hui. A Reims le socle de la première statue avait d’ailleurs été taillé dans du granit transporté depuis le Mali. Détruit durant la seconde guerre mondiale, le monument français a pu être reconstitué, grâce notamment à celui de Bamako car il a permis d’en reciseler tous les détails originels.

Cette gémellité des deux monuments illustre merveilleusement la fraternité d’armes qui unit la France et le Mali et qui demeure une réalité forte et concrète. Cette solidarité historique face aux défis de la guerre, je crois qu’elle a été parfaitement résumée par le Président Ibrahim Boubacar Keita, lors de sa visite d’Etat à Paris il y a deux ans, dans l’intitulé de la conférence qu’il avait donnée à La Sorbonne : « de Verdun à Serval ». Tout est dit dans ce titre. Et puisque nous sommes dans l’histoire contemporaine, je voudrais Monsieur le Premier Ministre, réitérer le plein soutien de la France – qui est aussi celui de la communauté internationale – dans la lutte que le Mali mène contre le terrorisme. Je veux à cette occasion saluer le courage de ceux qui le combattent au quotidien, Maliens en tout premier lieu mais aussi étrangers, ressortissants des nations qui composent la Minusma, EUTM et EUCAP ou encore qui accompagnent la Force française Barkhane, et bien sûr les membres eux-mêmes de la Force Barkhane ainsi que de la mission de défense et de la mission de coopération en sécurité intérieure de l’ambassade. Alors que dans deux jours la France commémorera elle-même la mémoire des victimes des attentats qu’elle a subis sur son propre sol le 13 novembre 2015, je veux rendre hommage à tous ceux qui, civils ou militaires, ont été frappés au Mali par ce fléau du terrorisme, qui ne pourra pas perdurer et qui ne restera pas impuni.

Distingués invités, avant de conclure, je me permettrai de faire une nouvelle fois référence à SE le Président Keita. Le 6 novembre, le chef de l’Etat a évoqué, je le cite, « la fierté du Mali d’être à Reims pour continuer le combat contre l’amnésie et la banalisation ». La commémoration du 11 novembre est donc doublement essentielle, non seulement pour honorer le sacrifice de nos aïeux et le dévouement de nos anciens combattants, mais aussi pour transmettre aux nouvelles générations ce devoir de mémoire. Et je ne peux que me féliciter à cet égard de la présence avec nous des jeunes élèves du Lycée Liberté. Un devoir de mémoires, disais-je, mais au pluriel : la mémoire de ce que nous devons à nos ainés bien sûr, mais aussi la mémoire de ce qui a causé la guerre en Europe – c’est-à-dire les nationalismes exacerbés - ; enfin la mémoire de ce que nous avons réussi à construire après avoir vaincu ces nationalismes, c’est-à-dire pour nous Européens tout particulièrement, d’abord une France et une Allemagne réconciliées et aujourd’hui alliées, puis un continent européen libre, solidaire et relativement prospère. Le souvenir du sacrifice de nos aînés doit aussi nous rappeler que nous devons préserver ces acquis inestimables et que nous ne devons pas, nous Européens encore une fois tout particulièrement, céder aux discours populistes et démagogiques, porteurs de divisions, de discorde et peut être de drames futurs.

C’est pour cela aussi que le président Emmanuel Macron a parallèlement tenu à ce que le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale soit placé sous le signe d’une paix durable. Il a ouvert tout à l’heure, en compagnie de 72 chefs d’Etats venus à Paris, le premier « Forum pour la paix ». Cet événement réunit de multiples acteurs de la gouvernance mondiale pour réfléchir ensemble à de nouvelles initiatives permettant de rénover le multilatéralisme, d’aboutir à une meilleure organisation du système international et de se donner les moyens – et la volonté bien sûr- d’assurer une paix durable.

Évoquant ce dernier bien précieux, je ne terminerai sans vous assurer, Monsieur le Premier ministre, de notre volonté de continuer à être aux côtés des autorités maliennes et des parties prenantes maliennes dans la mise en œuvre du processus interne de paix et de réconciliation, de continuer à contribuer au retour de la stabilité dans un pays uni, qui saura rassembler tous les talents dont il est si riche, au profit de la grande nation malienne.

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L’Ambassadeur de France au Mali devant le Monument aux héros de l’armée noire Ambassade de France au Mali

Dernière modification : 13/11/2018

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