Célébration du 14 juillet 2019 à la Résidence de France

L’Ambassade de France au Mali a célébré le 14 juillet 2019 la fête nationale française à la Résidence de France à Bamako, en présence de la communauté française et de ses partenaires maliens et internationaux.

Ils étaient près de 800 invités réunis ce 14 juillet pour célébrer la fête nationale française, autour de Son Excellence M. Joël Meyer, ambassadeur de France au Mali.

Étaient ainsi présents de nombreux représentants du gouvernement malien, acteurs politiques, économiques et sociaux, membres des mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, militaires et artistes, dont Sidiki Diabaté, ainsi qu’une grande partie de la communauté française de Bamako.

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SEM Joël Meyer et Amadou Thiam, Ministre des Réformes institutionnelles et des Relations avec la Société civile
Ambassade de France
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SEM Joël Meyer et Professeur Baba Akhib Haidara, Médiateur de la République du Mali
Ambassade de France
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Ecoute des hymnes nationaux malien et français
Ambassade de France

Répondant au discours de l’Ambassadeur, Son Excellence M. Amadou Koita, Ministre des Maliens de l’extérieur, a présenté au nom du gouvernement et du peuple maliens ses plus chaleureuses félicitations, et rappelé l’étroitesse des liens d’amitié unissant les deux pays.

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Discours de Son Excellence M. Amadou Koita, Ministre des Maliens de l’extérieur
Ambassade de France

Découvrez le discours de l’Ambassadeur de France au Mali, M. Joël Meyer :

Monsieur le Ministre des Maliens de l’extérieur, et Ministre par intérim des Affaires étrangères et de la Coopération internationale,
Mesdames et messieurs les Ministres membres du gouvernement,
Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence de la République du Mali
Mesdames et messieurs les représentants des hautes institutions de la République,
Honorables Députés,
Monsieur le Député de l’Assemblée nationale française, député de la neuvième circonscription des Français établis hors de France
Messieurs les anciens Premiers Ministres,
Monsieur le maire du district de Bamako
Mesdames et messieurs les élus communaux,
Messieurs les responsables des mouvements signataires de l’accord de paix
Autorités militaires
Monsieur le Président de l’Office national des Anciens combattants
Autorités religieuses et traditionnelles
Monsieur le RSSGNU
Monsieur le Président de la Médiation internationale et du Comité de suivi pour l’accord de Paix
Monsieur le Représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel
Chers collègues du ministère des affaires étrangères et de la coopération internationales, et du corps Diplomatique,
Madame et Messieurs les élus consulaires représentants la communauté française au Mali
Madame la Consule générale de France qui coprésidez avec moi cette célébration
Chers compatriotes, Chers invités,

AW NI WOULA

C’est avec la plus grande joie que je vous accueille ce soir à la résidence de France pour célébrer ensemble la fête nationale française. Je dis « Je » mais je veux dire « nous », associant mon épouse Zoé qui est pensée avec nous, alors qu’elle a dû, à cette même période, se rendre auprès de sa famille à l’étranger.
Je remercie tout particulièrement la délégation officielle malienne de sa présence. A la joie que j’évoquais d’être avec vous, se mêle aussi une vive émotion, celle de retrouver un pays que nous avons, ma famille et moi, déjà connu et aimé il y a quinze ans. Durant cette absence, j’ai continué de suivre l‘actualité au Mali et naturellement je n’ai pu qu’éprouver la plus profonde tristesse en voyant les drames dont ont souffert les Maliennes et les Maliens. Malheureusement, le pays connait encore des tragédies, en particulier dans le Centre, et avant de poursuivre, je veux rendre hommages à la mémoire de toutes les victimes du terrorisme et du fanatisme, les victimes parmi les populations civiles en premier lieu, mais aussi parmi les forces maliennes de défense et de sécurité et parmi les forces internationales venues assister le Mali. Permettez-moi de saluer tout particulièrement la mémoire des soldats français, de Serval puis de Barkhane, tombés en accomplissant leur devoir au Mali, pour ce pays et pour la France. Saluer aussi la mémoire des personnels de la Minusma qui ont parallèlement payé un lourd tribut ces derniers mois, tout comme leurs frères d’armes maliens et de la Force conjointe du G5 sahel.
Enfin, et je le dis solennellement à son fils M. Sebastien Chadaud-Petronin, dont je salue la présence ce soir, la France n’oublie pas qu’elle a encore une compatriote otage au Sahel, madame Sophie Petronin.

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SEM Joël Meyer, ambassadeur de France, et Mme Catherine Mancip, Consule générale
Ambassade de France

Mesdames et messieurs, il ne vous a pas échappé que les cérémonies du 14 juillet en France ont été célébrées sous le signe de la coopération. De la coopération en matière de défense entre Européens. Et d’ailleurs nombre de dirigeants de l’Union européenne étaient ce matin à Paris pour assister au défilé de leurs contingents nationaux sur les Champs Elysées. L’Europe de la Défense est une réalité concrète. Elle s’exprime sur le territoire européen comme à l’extérieur, dès lors que la sécurité de l’Europe est menacée ou que les valeurs universelles que défend l’Union européenne sont ouvertement et violemment bafouées : la justice et l’équité, le respect des autres, la tolérance, la liberté de conscience et d’expression, en substance tous les droits fondamentaux qui protègent l’intégrité et la liberté de chaque être humain contre l’arbitraire et l’obscurantisme. La défense de ces droits au Mali, c’est le sens de l’engagement des contingents européens au sein de la Minusma, d’EUTM et d’EUCAP, - dont je salue la présence des commandements ce soir- , mais aussi au sein de Barkhane. Et par ma voix, et par l’intermédiaire de mes collègues européens ici présents, les autorités françaises remercient les pays qui se sont investies ou vont s’investir auprès de la force française, leurs participations étant inestimables.

Le survol ce matin au dessus de Paris de deux chinooks britanniques, ayant opéré au Mali, ou encore le défilé d’une compagnie espagnole revenant de sa participation à EUTM, auront été l’illustration de la détermination de cet engagement européen au Sahel. Le renforcement du partenariat européen en matière de sécurité se poursuit en complémentarité avec les alliances existantes, internationales ou bilatérales. Ces alliances sont elles aussi une réalité sur les théatres extérieurs et je n’ai pas besoin de rappeler l’importance pour Barkhane de la contribution des Etats Unis.

Cette coopération, elle se veut avant un acte de solidarité avec le Mali, son peuple, ses autorités, son armée et ses forces de sécurité. En France, l’élan national en faveur du Mali était unanime et il l’est toujours. Parce que chacun se rappelle le sacrifice de jeunes Maliens sur le territoire français et européen cent ans plus tôt. A Reims le 6 novembre et à Bamako le 11 novembre dernier, il leur a été rendu hommage, de même qu’à tous ceux engagées par la suite auprès de leurs camarades français. Et à travers vous M le directeur de l’ONAC et vos camarades vétérans ici présents, en ce jour symbolique, la France se rappelle ce qu’elle leur doit.

Dans la lutte contre le terrorisme, la coopération internationale a porté ses fruits. Ce sont bien les Famas, les forces de sécurité intérieure maliennes, et les forces internationales, africaines d’abord, puis françaises, enfin la Minusma et aussi la Force conjointe du G5 Sahel, qui sont parvenues à juguler l’essentiel de la menace terroriste. Je dis « l’essentiel », parce que nous sommes aujourd’hui dans une guerre asymétrique, qui rend plus difficile ce combat, car les terroristes s’abritent derrière les civils. Mais des coups extrêmement durs ont été portés contre les katibas et des centaines de terroristes ont été mis hors d’état de nuire. La situation est aujourd’hui bien différente de celle de 2013. Et c’est bien sûr grâce aussi au courage des soldats et personnels de sécurité maliens, qu’il faut saluer.

Aujourd’hui aussi, et au grand dam des terroristes les plus radicaux, il existe aujourd’hui un accord de paix signé avec les ex-groupes rebelles. Son application avance mais il faut aller encore plus vite. La mise en oeuvre de l’accord de paix et la réponse aux autres priorités auxquelles doit faire face le Mali – notamment la fin de la violence dans le Centre - ne sont pas exclusives l’une de l’autre. La mise en œuvre de l’accord de paix, contrairement à ce que j’ai pu lire, n’est pas une exigence de la communauté internationale mais une évidence pour la stabilité de tout le pays et la prospérité de tous les Maliens. Au nord, les populations doivent notamment pouvoir profiter d’un développement équitable, ce développement favorisera les échanges au bénéfice de tout le reste du pays. Tout ceci, dans le respect total bien sûr de l’intégrité territoriale, de l’unité et de la souveraineté du Mali. Mais maintenir un statu quo précaire, c’est faire le jeu des terroristes encore présents mais aussi des criminels de tous genres qui ont intérêt au chaos au nord. Il faut mettre à profit l’accompagnement sans précédent de la communauté internationale, et les garanties qu’elle apportera, pour appliquer résolument l’accord de paix et de réconciliation. Je veux à cet égard féliciter les signataires de l’accord d’Alger pour les progrès plus que notables accomplis ces derniers mois. Il faut bien sûr saluer pour ces acquis le gouvernement malien dont en premier chef M. le Ministre Bouare, de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, les responsables des mouvements, le président de la Mediation internationale et du Comité de Suivi, l’Ambassadeur Boutache. Aussi rendre hommage à la diplomatie européenne en la personne du Représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel, l’Ambassadeur Angel Losada. La France ne peut qu’encourager chaque partie signataire à intensifier les efforts car il faut accélérer. Le temps n’est pas un allié…

Parallèlement, le Centre du pays doit faire l’objet d’attentions de plus en plus décisives. Et je me réjouis qu’avec le renouvellement de son mandat fin juin, la MINUSMA puisse y densifier ses interventions, pour la protection des civils et pour l’accompagnement du retour de l’Etat.

La France veut prendre toute sa part dans la détermination de la communauté internationale à accompagner les autorités maliennes dans leurs efforts pour surmonter les défis multiformes dans cette région. Elle le fait déjà par son action d’urgence humanitaire, sa lutte contre les katibas terroristes et son appui à la justice malienne dans la lutte contre l’impunité, également par la coopération qu’elle mène pour répondre aux besoins des populations (santé, éducation, formation professionnelle). Nous allons renforcer notre action.

Ceci en accompagnement bien sûr des mesures nationales prises et je me permets de saluer le volontarisme du Premier ministre et du gouvernement, sous l’autorité de Son Excellence le chef de l’Etat, pour mettre en place une stratégie globale de réponse aux violences et à leurs causes dans le Centre.

Je me dois de souligner que la solidarité entre la France et le Mali s’exprime aussi à travers d’autres prismes que le seul enjeu sécuritaire, même si tout est lié et concourt à l’objectif recherché de stabilisation, de développement et de prospérité du pays.
Le Mali fait partie des pays prioritaires de l’aide française au développement. Les vecteurs de cette stratégie sont nombreux : l’Agence française de développement, le service de coopération et d’action culturelle et tous les démembrements de l’ambassade, l’Institut de Recherche et de Développement, dont on vient de célébrer le 75 eme anniversaire il y a quelques jours encore, et bien d’autres. Pour ne retenir qu’elle, l’Agence française de développement conduit plus de 50 opérations pour un engagement total de plus de 500 millions d’euros et sa contribution annuelle va quasiment doubler. L’objectif de notre coopération est de répondre aux besoins fondamentaux des populations (santé, éducation et formation professionnelle, eau, assainissement, énergie, agriculture), d’appuyer la gouvernance (justice, finances, décentralisation) et de renforcer les capacités de la société civile (appui aux associations engagées dans l’action citoyenne). Parallèlement à l’aide bilatérale, ce sont aussi des contributions françaises significatives aux interventions multilatérales – je ne citerai que notre accompagnement de l’action au Mali du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme-. Également au Fonds européen de développement. Sans compter la centaine de partenariats, anciens mais actifs, entre collectivités territoriales maliennes et françaises, et bien sûr le rôle essentiel des ONG.
La coopération, c’est aussi, comme le fait le service économique au quotidien, faciliter les échanges économiques, entre les secteurs privés maliens et français qui sont créateurs d’emplois. 125 sociétés à capitaux français ou filiales maliennes de sociétés françaises sont implantées au Mali et emploient directement ou indirectement plusieurs dizaines de milliers de salariés. La visite officielle en février dernier du Premier ministre français a mis en valeur le rôle pivot des fédérations d’opérateurs économiques et le potentiel des partenariats.

Dans la relation économique, le rôle de la diaspora est crucial. Et le président de la République française l’a bien souligné lors de sa rencontre avec la diaspora africaine à l’Elysée jeudi dernier. Souvent très jeunes, les Maliennes et les Maliens vivant en France ou les Français d’origine malienne sont de plus en plus nombreux à venir ou revenir au Mali, ils sont bouillonnants d’idées créatrices, ils incarnent le succès, l’optimisme, il faut les encourager, les aider, créer les conditions de la réalisation de leurs projets ici. Je sais Monsieur le Ministre des Maliens de l’Extérieur que vous ne ménagez pas vos efforts dans ce sens, je vous en félicite. J’en ferai moi-même une priorité de l’action de la France pour ces prochains mois, avec l’appui de l’AFD, de secteurs privés et des associations, du service de coopération, de l’OFII, de Campus France et du service économique.

Evoquer la diaspora, est une bonne transition pour m’adresser plus particulièrement à mes compatriotes. Et je me tourne vers naturellement vers vous Monsieur M’jid El Guerrab, député de la neuvième circonscription des Français établis hors de France, Mme et Messieurs les Conseilleurs consulaires et Mme la Consule générale de France. Car vous le savez mieux que moi, les Français résidant au Mali occupent une place primordiale dans l’essor de notre relation bilatérale. Leur dynamisme n’est plus à prouver, ni leur implication déterminée dans la vie économique et sociale de leur pays d’accueil. C’est vrai de la communauté d’affaires bien évidemment, notamment menée par les Conseillers du Commerce extérieur de la France, mais aussi par les compatriotes qui sont au sein du CIEEM et du REAO. Les associations, UFE, Français du Monde ADFE, l’Entraide, Bamako Accueil, les bureaux présents et passés des Parents d’élèves du lycée Liberté et des établissements homologués, doivent être parallèlement remerciées pour leur dévouement passionné au service de l’intérêt général. Avec une mention spéciale et même une mention très bien pour l’ensemble de la communauté éducative du Lycée liberté dont les résultats au baccalauréat font entrer l’établissement dans le club des écoles françaises d’excellence.

Je voudrais aussi remercier celles et ceux, vous les élus consulaires, et Monsieur le député, qui ont permis que les Français du Mali aient pu pleinement participer à l’actualité française, avec l’organisation d’un débat dont les conclusions sont venues enrichir le grand débat national sur l’avenir de la société française et de la relation entre les citoyens et l’administration.
Avant de terminer, je voudrai évoquer deux rendez-vous en 2020 qui vont rythmer notre relation et mettre en scène acteurs maliens et français. Ce seront le sommet des chefs d’états africains et français en juin prochain à Bordeaux, autour du thème de la ville durable, et parallèlement la saison culturelle africaine de juin à décembre en France aussi. A ce dernier grand événement, qui mettra en valeur les talents africains, l’Institut français du Mali est évidement partie prenante, promouvant encore davantage les artistes maliens à cette occasion, sans oublier son rôle pivot pour un rendez vous encore plus proche , la tenue en décembre de l’évènement toujours exceptionnel de la Biennale de la Photographie de Bamako.

Je conclurai pour exprimer des regrets, ceux de voir partir des collègues d’exception, dans les différents services à l’ambassade, au consulat, au sein des forces armées ou de sécurité française. Je ne peux citer chacun mais tous s’y retrouveront lorsque je dirai qu’ils ont largement contribué à la grande qualité de la relation bilatérale et à l’image de la France ici.
Je ne terminerai pas sans exprimer ma sincère gratitude à toutes les entreprises partenaires de cette manifestation–vous avez entendu leurs noms au fil de cette soirée. C’est grâce à elles que nous pouvons célébrer notre fête nationale dans les meilleures conditions.

Je veux également remercier tous ceux qui n’ont pas ménagé leur peine pour l’organisation matérielle de l’évènement. Je vous remercie tous

ALLAH KA, AOU KA, DNIENEDJIE, DJIA, AW BOLO

Dernière modification : 15/07/2019

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